Les usages féminins du travail non déclaré : entre contraintes et stratégies (Isabelle Puech, 17 septembre 2007)

Alors que, depuis les années 1990, de nombreux dispositifs ont été mis en place afin de lutte contre le travail au noir (réductions d’impôts, CESU, …), il y aurait encore, en Europe, entre 50 et 80% des travailleurs domestiques qui ne seraient pas déclarés.

Pendant longtemps, les activités ménagères effectuées au domicile des particuliers étaient exclues des dispositifs de lutte contre le travail au noir, mais aussi du droit du travail et du droit conventionnel. Cette situation juridique a évolué. Pourtant les employés à domicile ne bénéficient toujours pas de tous les droits dont bénéficie une employée d’une entreprise.

Lors du colloque sur l’économie informelle, Isabelle Puech précise qu’il existe 2 usages féminins du travail au noir :

« Les employées salariées » : les femmes qui cumulent activité faiblement rémunérée leur garantissant un salaire fixe chaque mois et activité non déclarée leur garantissant une forme d’autonomie (horaires et volume de travail)

« Celles qui ne travaillent qu’au noir » : les femmes sans emploi qui perçoivent généralement les allocations chômage qu’elles complètent avec des heures de ménage au noir.

Enfin, elle explique que « c’est parce que cette relation de travail va bien au-delà d’un simple échange monétaire que la lutte contre le travail au noir dans les emplois domestiques paraît particulièrement ardue. »